Objectifs Spécifiques Réels

L’objectif général de ce projet est la diffusion des énergies renouvelables en Tunisie et en Sicile, et répond dès lors à la grille des «opportunités» telles que précisées par l’analyse AFOM relative à l’environnement et à l’énergie dans l’espace de coopération du «Programme Italie-Tunisie 2007-2013». L’objectif spécifique est l’évaluation de certains systèmes de culture visant à la production d’huile végétale à des fins énergétiques dans le nord de la Tunisie, mais également l’identification des meilleures modalités de distribution du produit fini (huile) dans les territoires de coopération et au niveau international. Parmi les typologies de projet standard, celui-ci rentre dans la catégorie des projets simples dans la mesure où il se déroule « principalement ou uniquement d’un côté ou de l’autre de la frontière, mais au bénéfice des deux partenaires ». La dimension transfrontalière du présent projet est liée à la nécessité d’augmenter la diffusion des énergies renouvelables dans les territoires siciliens et tunisiens. De plus il existe une importante analogie climatique entre le nord de la Tunisie et la Sicile : cela signifie que les résultats (de nature technique) obtenus en Tunisie, pourront être appliqués au territoire Sicilien. Concernant les espèces choisies, différentes cultures (au moins une arborée et une herbacée) seront plantées en diverses parcelles localisées, si possible, à l’intérieur d’un même site. Les cultures ont été choisies suite à une étude bibliographique approfondie visant à identifier des cultures oléagineuses caractérisées par un niveau de fertilité moyen/bas afin d’éviter la diffusion de ces cultures sur des terrains destinés aux cultures alimentaires. Il s’agira, à travers ce projet pilote de:

  • Effectuer une évaluation technico-économique de différents systèmes de culture visant à la production d’huile végétale dans un but énergétique: culture herbacée (Brassica carinata) et culture arborée (Jatropha curcas L.);

  • Etablir une évaluation de l’impact écologique des cultures sur le territoire tunisien participant;

  • Réaliser une évaluation du marché mondial des huiles végétales afin d’identifier les flux de marché actuels et futurs relatifs aux phases de commercialisation des huiles végétales.

 

 

Problèmes Adressés

L’énergie a toujours joué un rôle central dans les relations économiques entre la Tunisie et l’Italie et, la Région Sicilienne a, quant à elle, eu un rôle significatif dans ces relations. Vu la complexité de ce problème et la difficulté d’en identifier des solutions au seul niveau local, le présent projet entend contribuer à la solution en intervenant au niveau transfrontalier. En effet, d’un point de vue environnemental, le recours aux énergies renouvelables à grande échelle est le meilleur moyen de contribuer à la protection de l’environnement global à travers la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’un point de vue économique et social, en dehors de la réduction de la facture énergétique, le développement des filières d’énergies renouvelables peut avoir des impacts économiques non négligeables, en termes de création d’emplois, d’intégration et de croissance de la valeur ajoutée industrielle. Le présent projet, en proposant une réponse aux nécessités identifiées sur chacun des territoires (Italie et Tunisie), allie les points de force relevés dans les deux territoires, en créant ainsi une valeur ajoutée évidente. En effet, en Tunisie, depuis une décennie, les importations nettes des produits énergétiques (pétrole) ont tendance à augmenter, résultat, d’une part, d’une stagnation de la production et, d’autre part, d’une croissance de la demande à taux élevé (environ 6% par an). Au cours des prochaines années, la différence entre l’offre et la demande s’accentuera toujours plus pour deux raisons : l’épuisement des principaux gisements de pétrole existants sur le territoire tunisien et la rapide augmentation de la consommation énergétique. Il est en effet prévu que le déficit énergétique soit d’environ 8 Mtep en 2011. En outre, d’un point de vue environnemental, les années 90 ont été caractérisées par une prise de conscience de plus en plus importante de la part de la communauté internationale des effets du réchauffement planétaire, dû aux émissions de gaz à effet de serre. De telles craintes ont conduit à la signature de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CNUCC), suite à la Conférence de Rio de 1992. La Tunisie, signataire de la Convention Cadre depuis 1993, a ratifié le Protocole de Kyoto le 22 janvier 2003, et s’est pleinement engagée dans la cause mondiale. Toutefois, l’analyse AFOM relative aux aspects environnementaux du Programme Italie-Tunisie 2007-2013 a mis en évidence certaines faiblesses, comme le retard pris au regard des objectifs fixés par le protocole de Kyoto. Les Energies renouvelables permettent de réduire le déséquilibre prévu dans le bilan énergétique national tunisien, en diminuant les consommations provenant des sources énergétiques conventionnelles. L’étude conduite dans le domaine de l’environnement et de l’énergie dans le cadre du programme Italie-Tunisie 2007-2013 met en évidence que la Sicile, dans la stratégie 2007-2013, prévoit la mise en place de la filière productive de technologies énergétiques, agro-énergétiques et biocarburants afin de rationaliser la demande en énergie et de réduire les émissions nocives pour l’environnement. Malgré les résultats obtenus au niveau européen, le pourcentage de production de courant électrique à partir de sources renouvelables, dans les territoires sicilien et tunisien, pour l’autoconsommation est de 5%. On peut en conclure qu’il existe sur les territoires sicilien et tunisien une nécessité de développer les énergies renouvelables et un retard (au regard de la moyenne européenne) imputable à différentes causes de nature essentiellement technico-économique et politique. Ceci mène à programmer des interventions concrètes qui conduiront à un développement majeur des énergies renouvelables dans les différents secteurs en suivant une approche intégrée, durable et transfrontalière et ce à tous les niveaux: économique, social, politique et environnemental.